Si vous voulez la réponse courte, voici cinq marques de saké qu'un débutant peut vraiment acheter et apprécier : Hakutsuru Sayuri Nigori (trouble et doux), Sho Chiku Bai « Mio » Sparkling (léger et pétillant), Kikusui Junmai Ginjo (net et fruité), Dassai 45 Junmai Daiginjo (le célèbre choix haut de gamme) et Tozai « Typhoon » (une bouteille du quotidien sans prise de tête). Chacune se trouve en grande cave, chez un caviste spécialisé ou dans une boutique de saké en ligne, et quatre des cinq coûtent moins de 35 €.

Voici, ci-dessous, le goût de chacune, pourquoi elle convient à un premier essai, et où la trouver. Elles sont classées en gros de la plus douce et facile à la un peu plus sérieuse, pour que vous puissiez choisir selon là où en est votre palais aujourd'hui.


1. Hakutsuru Sayuri Nigori — le point de départ tout en douceur

Si vous n'avez jamais bu de saké et que vous craignez qu'il soit âpre, commencez ici.

Le Sayuri (« petit lys ») est un nigori — un saké non filtré, trouble, dans lequel on a laissé une partie des particules de riz en bouteille. Cela lui donne une texture douce et laiteuse et une douceur naturelle qui se boit davantage comme une boisson dessert que comme un alcool fort. Il est élaboré par Hakutsuru, une brasserie du district de Nada à Kobe fondée en 1743, à partir d'une eau de source du mont Rokko.

À 12,5 % d'alcool, c'est l'un des sakés les plus légers de cette liste, et il se vend généralement 17–23 € la bouteille de 720 ml. Servez-le bien frais et secouez-le doucement avant de verser. Vous le trouverez en grande cave, chez les cavistes et dans la plupart des épiceries asiatiques disposant d'un rayon saké.

C'est aussi un très bon cadeau : la bouteille est jolie, le prix est doux et presque personne ne le boude. Hakutsuru est par ailleurs l'un des plus grands brasseurs du Japon, ce n'est donc pas une cuvée rare et introuvable que vous auriez du mal à retrouver. Cette fiabilité compte quand on cherche encore ce qu'on aime.

2. Sho Chiku Bai « Mio » Sparkling — un saké qui se boit comme un prosecco

Le Mio est la bouteille à choisir si « saké » vous intimide mais que « pétillant et doux » vous parle tout de suite.

Élaboré par Takara Shuzo sous son label Shirakabegura, le Mio est lancé en 2011 et devient un succès fulgurant au Japon. Il est légèrement pétillant, peu alcoolisé à seulement 5 % d'alcool, et a un goût de pêche, de poire et de fruits mûrs. Voyez-le comme l'équivalent d'un moscato léger ou d'un prosecco en version saké.

La petite bouteille bleue de 300 ml tourne autour de 9–12 €, ce qui en fait un premier essai facile et sans risque. On la trouve en grande cave et chez de nombreux cavistes spécialisés, souvent près des vins effervescents. Servez-la fraîche : elle fera aussi merveille à un brunch ou pour trinquer.

3. Kikusui Junmai Ginjo — le net et fruité qui fait l'unanimité

Une fois prêt pour quelque chose de plus sec et de plus « vrai saké », c'est celui-ci que je tends aux gens.

Kikusui brasse à Shibata, dans la préfecture de Niigata, depuis 1881 (le nom signifie « eau de chrysanthème »). Son Junmai Ginjo se présente dans une bouteille bleue caractéristique, polit son riz Gohyakumangoku jusqu'à un seimaibuai de 55 %, et se situe à 15 % d'alcool avec une douceur quasi neutre (SMV autour de +1). Attendez-vous à des arômes de melon, de poire et une pointe d'orange, un corps léger et une finale nette.

Il coûte généralement moins de 35 € les 720 ml et est largement distribué par les boutiques de saké en ligne comme Tippsy et MTC, ainsi que par les meilleurs cavistes. C'est la bouteille qui apprend au débutant ce que le fruité ginjo signifie vraiment — et elle reste facile à boire.

4. Dassai 45 Junmai Daiginjo — le célèbre, et il le mérite

Si vous ne connaissez qu'un seul nom de saké haut de gamme, c'est probablement Dassai — et cette notoriété est méritée.

Dassai est élaboré par Asahi Shuzo dans les montagnes d'Iwakuni, dans la préfecture de Yamaguchi, une brasserie devenue le producteur de saké premium le plus connu au monde et qui exploite désormais une seconde brasserie dans l'État de New York. Le « 45 » renvoie au seimaibuai de 45 % — le riz est poli jusqu'à ce qu'il en reste moins de la moitié, la marque du grade daiginjo. Il titre autour de 15–16 % d'alcool et coûte 30–40 € les 720 ml.

La saveur est précise et délicate : pomme verte, pêche blanche, un envol floral net, presque aucune aspérité. C'est le saké à acheter quand on veut goûter à ce qu'est le haut de gamme, ou à offrir pour signaler que l'on sait de quoi on parle. La grande cave et la plupart des cavistes sérieux le proposent.

Une chose à savoir : Asahi Shuzo ne brasse que des grades ginjo et daiginjo — aucune gamme meilleur marché pour le quotidien — ce qui est rare dans le métier et fait partie du poids que porte ce nom. Le « 45 » est en fait leur bouteille la plus accessible ; la même brasserie fait un « 23 » poli à 23 % qui coûte plusieurs fois plus cher. Pour un débutant, le 45 est le bon endroit pour rencontrer la marque.

5. Tozai « Typhoon » — la bouteille du quotidien sans stress

Enfin, la bouteille pour quand on veut simplement du saké un mardi soir sans se soucier des grades.

Le Tozai « Typhoon » est brassé à la brasserie Kizakura de Fushimi, à Kyoto — l'un des districts historiques du saké au Japon. C'est un saké de style quotidien, doux et moelleux, avec une pointe de banane et d'épices au nez. À 14,9 % d'alcool et environ 17 € les 720 ml, il est indulgent et polyvalent : buvez-le frais, réchauffez-le doucement, ou glissez-le même dans un cocktail.

Il ne cherche pas à faire l'événement, et c'est tout l'intérêt. Le Tozai est largement distribué par Vine Connections, vous le repérerez donc en grande cave et chez de nombreux cavistes de quartier. C'est la bouteille qui fait du saké une habitude régulière plutôt qu'un événement.


Comment choisir entre elles

Pas besoin de mémoriser les grades pour bien choisir. Trois questions rapides vous emmènent presque au but :

Doux ou sec ? Le Sayuri et le Mio tirent vers le doux et sont les premières gorgées les plus sûres. Le Kikusui, le Dassai et le Tozai sont plus secs et plus nets — plus proches de ce que les gens entendent par « vrai saké ».

Froid ou chaud ? Tout ce qui figure sur cette liste est bon frais. Le Tozai est celui qui supporte aussi bien un léger réchauffage. Le Sayuri et le Mio doivent toujours être froids.

Quel est votre budget ? Moins de 15 € vous offrent le Mio. Autour de 20 €, le Sayuri ou le Tozai. Gardez le Dassai 45 pour quand vous voulez faire une petite folie, autour de 30–40 €.

Un mot sur le service : mettez ces bouteilles au frais au réfrigérateur, utilisez un petit verre ou un verre à vin plutôt qu'un tokkuri chaud — sauf si vous réchauffez le Tozai — et ne les faites pas vieillir : le saké est meilleur jeune, idéalement dans l'année qui suit sa mise en bouteille.


Et ensuite

Ces cinq bouteilles vous offrent un vrai éventail de styles — nigori trouble, effervescent, ginjo, daiginjo et un service quotidien facile — de sorte qu'après en avoir goûté deux ou trois, vous saurez dans quelle direction votre palais vous entraîne.

Quand vous serez prêt à approfondir, faites le quiz saké pour associer votre goût à un profil de saké et à quelques bouteilles de plus, ou lisez le guide complet du saké pour débutants pour avoir une vue d'ensemble de sa fabrication et de sa dégustation. Vous achetez pour quelqu'un d'autre ? Le guide des cadeaux saké couvre bouteilles et coffrets pour tous les budgets.